A l'âge de 10 ans,
j'ai été atteint d'une grave maladie : la maladie de la création.
Ma marraine, médecin spécialiste à Paris, établira quelques années plus tard
que le développement de cette maladie était irréversible et incurable.
Malgré tout, elle me sauva.
Elle suggéra à mes parents qui voulaient faire de moi un comptable,
de me laisser partir aux Beaux-Arts de Toulouse.
Pour ceux qui me connaissent, Cadène et les chiffres, quelle histoire...
Toute ma vie j'ai été partagé, pour ne pas dire tiraillé,
entre peinture et musique.
J'ai fait 10 ans de violon, avant de m'attaquer à la contrebasse. Mon casier musical ne s'arrête pas là,
parallèlement à mes études aux Beaux-Arts,
j'ai fait partie de plusieurs orchestres qui écumaient
les bars et les boîtes de nuit de la ville rose.
Ma double vie s'est poursuivie avec bonheur,
puisque dans le même temps, j'ai décroché mon
diplôme de professeur de dessin aux Beaux-Arts,
18 prix de dessin et peinture et le grand prix Lefranc.
J'ai d'ailleurs obtenu un poste de professeur.
Je devais m'évader un jour et demi plus tard,
abandonnant mon emploi en prenant
la clé des champs sans laisser d'adresse.
Pour toute excuse, je dirai que nous étions en 1968.
Et puis j'ai rencontré Christiane.
J'ai épousé ma charentaise
et depuis elle partage toujours mon existence.
Elle m'a donné un fils génial François.
A l'époque, la peinture ne nourrissait pas son homme,
encore moins sa famille...
Je suis donc tombé dans la Pub, puis l'audiovisuel.
Mais je ne l'avais pas vraiment quittée,
la peinture, et en 1985, je me suis remis à la blanche...
je veux dire la toile blanche, celle du peintre.
A raison de trois jours par semaine à me mélanger les pinceaux,
je suis vite devenu junkie de la couleur.
Et tout s'est enchaîné comme sur des rails, si je puis dire.
Mon renouveau en exposition date de 1987,
chez une galeriste d'Albi,
qui m'a encouragé à persévérer et m'a organisé
l' "exposition du retour".
Et je crois bien qu'en suivant ses conseils,
j'en ai pris pour perpette : expos, commandes,
tout s'enchaîne, et je ne peux plaider que coupable
du plaisir que j'y prends.
Depuis plus de 15 ans, je ne fais que de la peinture,
matin et soir, en écoutant de la musique.
En fin de compte j'ai trouvé le moyen de m'évader
enfermé dans mon atelier où je coule des jours peinards.


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Dossier presse comprenant 352 articles, 6 reportages TV